Première partie de 3 articles, portant sur la densification et milieu de vie et la conservation des milieux naturels.

Dans le but de mieux informer les citoyens sur les enjeux environnementaux de la ville, le regroupement Éco-Citoyens Chambly a invité les candidates à la Mairie de l’élection 2021 à répondre à un court questionnaire. L’objectif est de mieux détailler la vision et le programme des candidates et ainsi de familiariser les citoyens avec les options à leur portée pour le vote du 7 novembre 2021.

Les réponses aux questions présentées ci-dessous sont les transcriptions exactes des réponses des candidates à la mairie, aucune modification ou coupure n’a été réalisée.

Enjeu #1: Densification et milieu de vie

Mise en contexte : La ville de Chambly s’est grandement transformée dans les 20 dernières années. De nouveaux quartiers, généralement construits sur des terres agricoles ou terrains boisés, ont permis à la ville d’augmenter considérablement sa population et sa vitalité socio-économique. Aujourd’hui, nous nous retrouvons avec une ville fortement développée, qui atteint les limites de son territoire construisible.

Question : Candidate, quelle est votre vision pour les futurs développements de la ville de Chambly et comment ces derniers seront-ils intégrés au tissu urbain existant?

Alexandra Labbé
Pour Chambly, l’intégration va nécessiter une attention marquée à notre patrimoine bâti puisque nous avons un inventaire de bâtiments patrimoniaux particulièrement riche et qu’il faudra s’assurer de les protéger et de les mettre en valeur. L’autre préoccupation qui devra guider nos démarches sera celle de l’accessibilité aux services et aux différents modes de transports actifs et collectifs, c’est dans cette optique qu’il est avantageux d’identifier des sites au centre-ville qui pourraient accueillir de nombreux citoyens et de re-développer certains d’entre-eux avec une mixité d’usage et de nouveaux choix en terme d’offre de logement. C’est ce que nous avions prévu avec le plan particulier d’urbanisme du centre-ville, qui nous permettait de réduire les ilots de chaleurs, de favoriser la mobilité active et d’offrir un milieu de vie plus compact et dynamique, sans perdre d’espaces verts et en protégeant également notre espace bleu, le bassin de Chambly en le mettant en valeur.

Pour Chambly, certaines friches industrielles auraient aussi intérêt à être mises à profit pour proposer de nouveaux milieux de vie compacts afin d’occuper le moins d’espace possible au sol et de déminéraliser et reverdir une grande portion de l’ancienne empreinte au sol. En plus de décontaminer notre environnement, ils offriraient aussi de nouveaux espaces verts à reboiser. Avec l’adoption de notre nouveau règlement de logement social, Chambly pourra également se doter de nouveaux projets plus accessibles à tous, idéalement au coeur de notre centre-ville, près de tous les services.

Julie Daigneault
Les futurs développements de notre ville devront répondre à de hauts standards environnementaux et architecturaux. Il faut d’abord faire un état de la situation afin de répertorier et situer les terrains à développer et redévelopper (excluant la zone agricole). Cet inventaire devra indiquer ce qu’abritent actuellement ces terrains : milieux naturels, remblais, bâtiments, etc. Ensuite, leurs zonages, leurs enjeux de conservation (milieux naturels, patrimoine, paysage, autre).  Est-ce que ces terrains sont situés près de résidences, industries, etc.

Pour chaque situation, il faut voir les potentiels de protection, de densification douce, de restauration et toutes les solutions qui s’offrent à nous. Le plus important, cet exercice doit se faire de manière transparente, avec la population et les propriétaires afin de s’assurer que tout projet s’intègre bien dans le tissu urbain. Charrette, consultation publique, atelier de co-design, ce ne sont pas les outils de consultation qui manquent pour impliquer les citoyens dans ce processus.

En parallèle, la ville doit actualiser ses outils urbanistiques pour favoriser un développement qui prend en compte les enjeux climatiques. Nous devons revoir certaines réglementations, la politique de l’arbre et bien d’autres outils qui encadrent l’aménagement et le développement du territoire à Chambly. Les thèmes suivants nous semblent prioritaires : efficacité énergétique, verdissement et îlots de fraîcheur, mobilité active (trottoirs et pistes cyclables), stationnements (arbres, eau pluviale, souterrain, bornes électriques), gestion des eaux pluviales et construction durable.

Enjeu #2 : Conservation des milieux naturels

Mise en contexte : La conservation et la préservation des aires naturelles permettent aux municipalités de protéger la biodiversité, de créer des corridors verts et de lutter contre les changements climatiques. La Montérégie est une région reconnue pour sa forte empreinte humaine, avec une urbanisation et une exploitation agricole intensive. Toutefois, la conservation des aires naturelles restantes et la création de nouvelles aires protégées sont au cœur d’une gestion durable du territoire.

Question : Candidate, quelles actions concrètes allez-vous poser pour favoriser une conservation et une protection des aires naturelles?

Julie Daigneault
La ville de Chambly compte plus de 27 logements à l’hectare (log/ha), bien au-delà des 21 log/ha définis au Plan métropolitain d’aménagement et de développement (PMAD) de la Communauté métropolitaine de Montréal (CMM).

Parallèlement, notre ville affiche un taux très bas d’aires protégées (1%), de parcs et espaces verts (2%) et de couvert forestier (14,3%). Il est de notre devoir de protéger les milieux naturels existants et de les protéger légalement afin d’assurer la pérennité des milieux naturels lui appartenant (réserve naturelle en milieux privés, servitude de conservation, etc.).

Nous devons nous engager à soutenir et à participer activement à la réalisation du Plan régional des milieux naturels de la MRC de la Vallée-du-Richelieu.

Également, il faut accompagner les propriétaires de terrains protégés agricoles afin de les outiller pour préserver la biodiversité présente sur leurs terrains. Plusieurs options de conservation s’offrent à eux s’ils souhaitent protéger tout en restant propriétaires ou s’ils veulent se départir d’une portion de leur terrain à des fins de conservation.

L’aménagement de parcs et d’infrastructures vertes, engager des intervenants en plein air, réaliser des pistes cyclables et des circuits d’hébertisme, a un coût. Mais cela apporte aussi des retombées économiques importantes.  Ces installations ont un pouvoir attractif pour les nouveaux citoyens, les entreprises qui sont vecteurs de notre vitalité économique locale. La valeur de maisons tend à augmenter de 5 % pour une résidence située à 150 m ou moins d’un parc. Plus l’espace vert est grand, plus la valeur ajoutée est importante.

Alexandra Labbé
Plusieurs aires protégées existent sur notre territoire et il faudra redoubler de vigilance afin de s’assurer de leur conservation. Avec une réserve faunique (Pierre-Étienne-Fortin) située dans les rapides de la rivière Richelieu et protégeant l’un des rares sites de frai du Chevalier cuivré, nous avons comme responsabilité de travailler de concert avec les villes environnantes afin de rétablir la qualité de l’eau de la rivière et du Bassin de Chambly. Je veux consolider nos relations avec l’équipe du Covabar, organisme chargé de la protection de la rivière Richelieu, et m’assurer que tous les efforts soient déployés pour améliorer nos pratiques et celles de nos voisins en terme de qualité de l’eau. Nous avons également procédé récemment à l’acquisition de plusieurs terrains boisés, en zone agricole afin de les protéger et rendre accessible un espace naturel de plus de 5 millions de pieds carrés, qui sera conservé ad vitam aeternam et permettra aux citoyens d’avoir accès à un lieu de détente, de sports et de loisirs en pleine nature, à proximité.

Il reste encore un grand défi de financement à relever pour acquérir l’un des derniers espaces avec un potentiel de reboisement, celui de l’ancien golf de Chambly. Je demeure convaincue qu’il est possible d’en faire un grand espace naturel si l’on travaille dans l’ouverture pour trouver le bon plan de financement et d’acquisition, sans négliger de répondre aux besoins criants d’un quartier qui est enclavé et mal desservi, toujours en attente des aménagements qui étaient prévus.